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An Argader » Époques » XVIIIe siècle » [ARGAD] QUIBERON 1795

[ARGAD] QUIBERON 1795

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GERARD Jacques
Byblos
SIR JACK
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1[ARGAD] QUIBERON 1795 Empty [ARGAD] QUIBERON 1795 Lun 27 Juin 2022 - 20:18

SIR JACK

SIR JACK

Patrice a écrit:Le dimanche, le magnifique plateau réalisé par Jean-Jacques présentant le fort de Penthièvre à Quiberon en 1795 a accueilli une ...très grosse... escarmouche Argad !

Le fort et ses glacis :

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Le village :

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Une autre vue :

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Bientôt un CR sur cet affrontement homérique qui vit les royalistes déployer des trésors d'imagination en matière de perfidie : tel le coup de l'échelle, que n'aurait pas désavoué Clausewitz ou encore le tonneau péteur qui aurait ravi Sun Tzu... Les républicains de Hoche n'étant pas en reste avec leur patrouille-caméléon, un coup rouge, un coup bleue. Bienvenue à Fourberie-Land !

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2[ARGAD] QUIBERON 1795 Empty Re: [ARGAD] QUIBERON 1795 Lun 27 Juin 2022 - 22:15

Byblos



Vraiment trés sympa tout cela ! Félicitations aux modélistes !

3[ARGAD] QUIBERON 1795 Empty Re: [ARGAD] QUIBERON 1795 Mar 28 Juin 2022 - 0:31

GERARD Jacques

GERARD Jacques

Voici un court extrait d'un article reprenant le déroulement des combats. S'il est  exact, les joueurs pourront le comparer au déroulement de la partie et apprécier les éléments qui se ressemblent et ceux qui diffèrent:


" .....Seul, Charles de Sombreuil ne partageait pas la quiétude générale. Tourmenté par de sombres pressentiments, il se rendit à onze heures du soir au domicile de Puisaye, qui, depuis la blessure mortelle d'Hervilly, avait pris le commandement général des troupes. Celui-ci était couché et manifesta vivement son mécontentement d'être réveillé à pareille heure, affirmant que l'ennemi ne pourrait attaquer à cause de la tempête. Sombreuil lui fit remarquer, au contraire, que les républicains pourraient profiter du mauvais temps pour tenter une surprise. « — En vérité, Sombreuil, lui dit Puisaye, si je ne vous connaissais pas, je croirais que vous avez peur ». Sombreuil maintint son dire et demanda qu'on renforçât au moins la garde du fort, confiée à un régiment d'insubordonnés, dont une trentaine avait encore déserté dans la journée. Puisaye voulut rien savoir. Sombreuil fit encore d'autres propositions, notamment celle de faire battre la générale afin de s'assurer de la diligence et de l'exactitude des troupes à se porter au rendez-vous indiqué en cas d'alarme. Le lieutenant-général s'opposa à toute manoeuvre. Irrité, Sombreuil s'éloigna : « — Général, dit-il en quittant Puisaye, votre entêtement et votre confiance nous perdront. Je vous devais ces observations. Je vais retourner chez moi et attendre l'ennemi ». Sombreuil avait vu clair. Si Puisaye avait suivi ses conseils, surtout le dernier, celui de battre la générale, tous les corps royalistes eussent été présents au début de l'attaque qui allait se produire et les républicains eussent été repoussés. En effet, comme l'avait prévu Sombreuil, ce fut le mauvais temps qui engagea Hoche à tenter la nuit même, l'attaque. A dix heures, en silence, les troupes républicaines prenaient leurs positions. A minuit, elles se mirent en marche. La falaise se rétrécissant, elles durent bientôt avancer par sections, puis par file. Grâce au sifflement du vent, la marche des républicains ne fut entendue ni des sentinelles des forts avancés, ni des matelots des canonnières anglaises ; de plus, les ténèbres profondes dissimulaient leurs colonnes. Le transfuge David Gougon guidait le premier peloton de la troupe de Ménage. Il portait son uniforme royaliste, ainsi que les autres transfuges. Un grand nombre de républicains avaient de même revêtu les capotes et les chapeaux des royalistes tués le 16 juillet, à l'attaque de Sainte-Barbe. La troupe ennemie arriva bientôt au pied du rocher escarpé que couronne le fort Penthièvre. Elle se glissa avec précaution par l'étroit passage laissé par la mer, déposa ses sacs dans une profonde cavité du rocher, et donna aussitôt le signal convenu aux conjurés de l'intérieur. Ceux-ci accoururent pour faciliter l'escalade et aider de la main et de la crosse de leurs fusils, les assaillants. Introduits ainsi dans la place, les républicains virent leur nombre presque doublé par les défections des soldats du régiment d'Hervilly. Dans de telles conditions, ils s'élancèrent dans la batterie au cri de : « Vive la République ! ». La garde du fort, qui s'était abritée contre la tempête, accourut sur le parapet, mais elle fut attaquée à revers. Un corps de troupes, rallié par le colonel de Folmont, essaya de défendre le poste important qu'il avait laissé prendre. Alors, au lieu de répondre par des coups de fusils, les républicains avancèrent à la baïonnette, mirent en fuite les royalistes et les poursuivirent jusque dans le retranchement de la forteresse. Là, le combat devint acharné, car la garnison était en force. Cependant les casernes furent emportées d'assaut avec furie. Pendant ce temps, les troupes du général Humbert s'avançaient par la plage de la baie, pour tourner la forteresse. De son côté, Valleteau attaquait les ouvrages avancés ; mais l'alarme avait été donnée par les cris des blessés. Les royalistes accoururent de toutes parts. Les artilleurs toulonnais, qui faisaient partie de l'armée des Emigrés et qui ne se doutaient pas que l'ennemi avait envahi le fort Penthièvre, firent vomir, des avant-postes où ils se tenaient, la mitraille sur les républicains. Les éléments se mirent de la partie. La foudre, la pluie, le vent faisaient rage et aveuglaient les assaillants. Ceux-ci décontenancés reculèrent. Les généraux Hoche, Valleteau, Humbert et Botta les supplièrent et les menacèrent. Hoche lui-même trancha la tête à un fuyard. En réalité, c'était la déroute. Tallien s'enfuit. Hoche, découragé, ordonna la retraite. Tout-à-coup, pendant que celle-ci s'opérait, des cris de : « Vive la République ! » retentirent dans l'enceinte de la citadelle. Les fuyards s'arrêtèrent, levèrent les yeux et aperçurent le drapeau tricolore flottant au-dessus du fort. Sur les murs des remparts apparurent les grenadiers de Ménage. Les républicains reprenant courage, revinrent à la charge. Les canonniers toulonnais, mitraillés en arrière par les canons du fort et attaqués en face par les troupes républicaines, succombèrent entre deux feux. Les régiments royalistes, dispersés dans les villages de la presqu'île, ne se doutaient pas de l'attaque. Le canon et la mousqueterie les réveillèrent. Le comte de Contades vint prévenir Puisaye, qui ne croyait pas au danger, et se rendit au fort à toute bride. Il envoya aussi un messager à Sombreuil pour l'avertir de l'attaque. Mais déjà le général Humbert, après s'être emparé des villages de Kerhostin et de Portivy, s'avançait dans la presqu'île. Le parc d'artillerie et tous les magasins royalistes étaient tombés aux mains des républicains. La portion de Loyal-Emigrant qui n'était pas de service et se trouvait cantonnée au bourg de Saint-Pierre, à une demi-lieue du fort, fut réveillée au premier cri d'alarme...."


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4[ARGAD] QUIBERON 1795 Empty Re: [ARGAD] QUIBERON 1795 Mar 28 Juin 2022 - 5:56

SIR JACK

SIR JACK

C'est vrai que le texte , fort intéressant au demeurant, présenté plus haut par Jacques montre bien ce que fut la réalité des combats. Et que cette réalité diffère en plusieurs points importants du scénario qui a été proposé.
Deux exemples notables :

- L'effet de surprise provoqué par la troupe qui a escaladé les falaises et a investi le fort n'a effectivement pas été reproduit.
Pour le faire, il aurait fallu que la colonne républicaine manœuvrée par Jacques ne longe pas la plage et n'escalade pas la falaise au vu et au su de tous, mais apparaisse directement au pied de la palissade longeant l'arrière du fort. Dont acte.
- Par ailleurs, les renfort émigrés amenés à l'autre bout de la table, via le hameau de Kerostin,  sont arrivés beaucoup plus vite dans le scénario (vitesse doublée) que dans une réalité où ils ne sont souvent... pas arrivés du tout.
Car les troupes émigrées étaient, toujours dans la réalité, très dispersées et avaient été réparties dans 13 endroits différents dans la presqu'île.
Cerise sur le gâteau, toutes n'avaient pas eu le temps d'être approvisionnées en munitions. J'ai ainsi lu dans un bouquin consacré au désastre de Quiberon que seules 10% des troupes de la seconde division commandée par Sombreuil avaient été approvisionnées en cartouches.

Ajoutez à cela une disproportion notable des forces due au fait que je n'ai pas voulu calculer de budget mais plutôt aligner une grande partie des troupes dont je disposais.
Cette différence d'effectif  n'a pas été à l'avantage des républicains qui avaient à franchir des terrains difficiles, voire très difficiles (pieux, palissades) pour pénétrer dans le camp retranché. Or quand on sait qu'il faut généralement trois fois plus d'assaillants que de défenseurs pour conquérir un secteur fortifié, on mesure la difficulté de la tâche.

En fait, même si je me suis inspiré de certains faits réels, je n'ai pas cherché à reproduire l'attaque à l'identique. Car la partie aurait été jouée d'avance
Par contre, j'ai essayé de travailler un scénario comprenant des surprises et des imprévus (désertions dans le régiment d'Hervilly, patrouille déguisée, mode de désignation des renforts etc.)

Comme je l'ai indiqué en début de partie, ce scénario n'était pas simple à réaliser sur un terrain nu avec des adversaires clairement identifiés. Car la tentation était grande pour les belligérants de chercher l'affrontement direct. Et c'est d'ailleurs ce qui s'est produit ! Chassez le naturel...

En effet, j'ai vite eu le sentiment que les subtilités ou les nuances que j'avais cherché à introduire dans les feuilles de route confiées à chacun n'ont que peu été prises en compte.
Du côté des royalistes par exemple, où j'ai essayé d'opposer un Contades très méprisant envers les chouans à un Ronan Le Clec'h très remonté contre les nobles et bien décidé à ne pas obéir à leurs ordres. Or... les deux gaillards se sont tout de suite entendus comme larrons en foire. Gasp !
Du côté des républicains aussi où les liens familiaux noués entre Le Breton et Contades ainsi que l'obligation dans laquelle les deux se trouvaient de se protéger l'un l'autre ne me paraissent pas avoir été déterminants.

Dans le contexte quiberonnais, tout cela était peut-être trop alambiqué. Et trop de subtilités ont sans doute  été recherchées par le scénariste débutant que je suis.
Mais il n'y a pas là de quoi fouetter un chat, qu'il soit royaliste ou républicain. Cela m'a en effet permis apprendre beaucoup de choses, en particulier sur le rôle beaucoup plus personnel que dois tenir chaque personnage. J'essaierai d'en tenir compte lors de prochaines mises en scène.

Pour le reste, j'ai apprécié l'ambiance et la journée. Avec une belle envie de recommencer. C'est tout ce qui compte, non ?

PS : un mystère enfin levé ! Les doubles dés que je vous faisais tirer chaque fois en fin de partie étaient destinés à provoquer des zévénements, comme dirait le défunt Coluche : panique et fuite des représentants en mission, débarquement d'un bataillon anglais avec fifres, drapeau et tambours... Et l'on en passe.



Dernière édition par SIR JACK le Mar 28 Juin 2022 - 22:41, édité 2 fois

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5[ARGAD] QUIBERON 1795 Empty Re: [ARGAD] QUIBERON 1795 Mar 28 Juin 2022 - 21:30

GERARD Jacques

GERARD Jacques

Oui, tout à fait, l'objectif annoncé n'était pas de reproduire la bataille à l'identique. Il me semble toutefois
que le fait d'avoir joué le scénario  permet après lecture du récit, de mieux se représenter les combats de 1795 (analogies et dissemblances).
En tous les cas, il y avait bien longtemps et pas uniquement en raison de la Covid, que je n'avais vu autant de joueurs si longuement impliqués dans une partie pour le moins forte en rebondissements et dont l'issue est restée jusqu'à la fin incertaine... une réussite!

Si l'on cherche après coup à améliorer, les ficelles sont toujours les mêmes et bien souvent évoquées:

Pour le côté jeu de rôle: connaître son rôle en amont de la partie permet de mieux se projeter dans la psychologie du personnage et coller davantage au scénario du MJ qui peut aussi sans doute, laisser aux joueurs moins de libre arbitre au risque de trop contraindre les  "rôleux";

pour le côté jeu de figurines: bien s'accorder sur les décors et en particulier sur la visibilité et les possibilités de tir, le couvert  ou le franchissement des obstacles(falaises, angles de tir des canons et de la canonnière (hausse), glacis de fortification...) en début de partie... Où l'indiquer par des gommettes de couleur ou des écriteaux:" Ici, Ehouarn ne peut pas voir."; "Ici, Nicolas ne peut pas tirer."; "Là, Ehouarn ne peut pas descendre."... Razz

Mais l'art est difficile et il est impossible de penser à tout d'autant plus que ce qui semble évident à certains ne l'est pas pour d'autres à tort ou à raison, d'où l'intérêt de jouer souvent.


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6[ARGAD] QUIBERON 1795 Empty Re: [ARGAD] QUIBERON 1795 Jeu 14 Juil 2022 - 3:18

SIR JACK

SIR JACK

Tout vient à point à qui sait attendre. Voilà le CR de la bataille du fort de Penthièvre. Ruses, fourberies et coups du sort étaient à l'ordre du jour. Mais c'est ça qui est bon, non?  [ARGAD] QUIBERON 1795 18486

Juillet 1795. Erasme Gaspard de Contades est chargé de défendre le fort de Penthièvre après le décès du comte d'Hervilly, un atrabilaire comme on n'en fait plus.
Depuis quelques jours déjà, les troupes d’émigrés royalistes arrivées d’Angleterre se sont retranchées dans la presqu’île de Quiberon où l’armée du général Hoche les maintient enfermées.
La situation est d’autant plus difficile à supporter que cette langue de terre faite de sable et de roc possède peu de ressources en eau et qu'elle s’avère incapable de nourrir les milliers de combattants et de civils qui s’y retrouvent piégés. Qu’il s’agisse des régiments royalistes rassemblés outre-Manche à l’initiative du comte de Puisaye comme des chouans, encore très nombreux et souvent venus là avec leurs familles.
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Soucieux de se prémunir au mieux contre une attaque républicaine, Erasme de Contades inspecte avec un aide de camp les abords de l’imposante plateforme d’artillerie  que les républicains ont eu l’outrecuidance de baptiser « fort sans-culotte ». La peste soit de ces coupeurs de têtes !

Tandis qu’une patrouille royaliste vêtue d’uniformes rouges (comme beaucoup de régiments d’émigrés soldés par les Anglais) s’apprête à entrer dans le camp que domine le fort, Contades voit s’approcher de lui un officier républicain.  L'homme lui semble adopter une attitude sinon amicale, du moins pacifique.
« Nous sommes adversaires, mais aussi entre galonnés. Donc entre gens de bonne compagnie. Allons donc voir quel chant va nous siffler ce merle-là » se dit le nobliau, poussé par la curiosité. De son côté, le « bleu », se fait exactement la même réflexion.

Surprise et moment de gène. Les deux hommes se connaissent. Ils sont même cousins ! L’officier républicain n’est autre que François-Joseph le Breton, issu d’une famille de petite noblesse bretonne et séduit par les idées nouvelles.
Un brave garçon dont la jeune sœur, Apolline, fait battre immodérément le cœur du blanc Erasme. Autant d’excellentes raisons pour que les feux ferrailleurs engagés dans des camps opposés cherchent (discrètement) à se protéger mutuellement si une bataille se déclare. Ce qui ne va pas être coton.
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Mais laissons là cette touchante réunion de famille pour porter nos regards vers l’autre extrémité du camp retranché. Camp vers lequel s’avancent quelques paysans affamés.
Leur but : tenter de percer les lignes bleues pour aller récupérer un peu de poiscaille et quelques tonneaux de cidre dans le village tout proche de Saint Pierre. Car, dans la presqu’île transformée en piège à rats par les républicains, les denrées commencent sérieusement à manquer.
Les laissera-t-on passer ? Les émigrés royalistes et les chouans qui occupent le camp mènent bonne garde ne paraissent guère s’opposer à leur passage. Car tout le monde a grand faim et soif ici.
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Drôle d’alliance d’ailleurs que celle qui unit les émigrés et les chouans. Les premiers éprouvent  un profond mépris pour des gueux en sabots dont ils entendent se faire obéir sans discussion. Tandis que les seconds n’écoutent que leurs capitaines de villages et n’ont pas oublié  le total manque de soutien qui leur a été apporté lors des accrochages survenus ces jours derniers avec les bleus.
Bref, réunir nobliaux et rustauds, c’est comme servir une crêpe Suzette en même temps qu'une galette-saucisse, mélanger le Chambertin avec un fond de tonneau de cidre,  aborder un menuet sur un air de bombarde. Y a forcément des couacs.
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On l’aura compris, a priori, le risque est grand  de voir Contades et Le Clec’h chercher à se crêper le chignon.  
Sauf, bien sûr, si les intéressés en décident autrement… Car l’alerte vient soudain de résonner à l’entrée de la presqu’île : les Républicains, conduits par Hoche en personne et répartis en trois colonnes, se lancent en effet à l’attaque du fort.
Gasp und hildepute ! AUX AAAAARMES ! La défense s’organise sans tarder
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De leur côté, les bleus avancent vers le fort en entonnant la Marseillaise. Une délicate initiative qui enchante au passage le capitaine Rouget de Lisle, un barde de Lons-le-Saulnier, qui fait partie de l’état-major de Hoche (véridique).
A la gauche du dispositif républicain, une colonne équipée d’échelles passe par la plage.
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Au centre, le gros des troupes est mené par ce fier à bras de Lazare en personne
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A droite enfin,  une dernière colonne est guidée par un transfuge vers un chemin secret permettant de franchir les grandes falaises sur lesquelles la plateforme d’artillerie du fort de Penthièvre est installée.
Une troupe qui  se fait une joie de fusiller au passage une partie des paysans affamés ayant réussi à quitter le camp retranché afin de chercher de la nourriture. « Ils n’ont pas de pain ? Qu’ils mangent du plomb ! ».
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Ce crime de guerre ne va pas rester longtemps impuni. Car une chaloupe canonnière anglaise rode le long du rivage. Les godons s’empressent d’envoyer quelques boulets assassins vers les bleus, qui vont payer cher leur cruauté.
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Informé par un espion (qui s’était glissé dans le groupe de paysans) que le piteux Puisaye, commandant en chef de l’expédition royaliste, se trouve dans le hameau tout proche de Kerostin, Hoche n’en incite pas moins ses hommes à redouble d’énergie. L’assaut contre le camp retranché se fait général.
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La mêlée devient d’autant plus sanglante qu’une fusée tirée (non sans mal, la peste soit des dés foireux !) à partir du camp républicain donne le signal à la patrouille royaliste qui venait d’entrer dans le camp retranché de tomber le masque.
Cette patrouille était en effet composée de… soldats républicains ayant revêtu les uniformes de royalistes tués ces jours derniers au combat !
Stupeur et moment de doute chez les blancs. La partie risque d’être serrée se dit Contades en voyant ses troupes tomber comme à Kergravelotte. Un drapeau blanc est même capturé par les bleus qui en deviennent rouges d’émotion.
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Les républicains n’ont pas pour autant gagné la partie. Car Blad et Tallien, les tonitruants représentants en mission qui accompagnent l’état-major bleu se mêlent soudain de vouloir jouer les tacticiens … et de donner leurs propres ordres aux bataillons qui s’avancent vers les royalistes ( 1-2 au dé, plus personne n’avance. 3-4, la troupe va à droite. 5, elle pivote sur sa gauche) .
Autant de consignes erratiques qui commencent à mettre le  souk dans le dispositif des assaillants.
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Dans le même temps, la colonne de gauche, quelque peu oublieuse,  trouve le moyen de se faire piquer son échelle par des chouans taquins qui l’attendent au sommet d’une falaise. Ronan Le Clec’h et ses potes n’en finissent plus de rigoler derrière leurs faux.
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La pression républicaine se fait néanmoins de plus en plus forte. Une deuxième ligne de défense, essentiellement composée de chouans, doit être établie par les royalistes. Tandis que ces derniers s’empressent d’envoyer des émissaires à l’autre bout de la table, dans le hameau de Kerostin, afin de demander à Puisaye de leur envoyer des renforts. Un appel à l’aide que le chef royaliste, qui dort du sommeil du Juste  (re-véridique) refuse dans un premier temps d’écouter.
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Les renforts blancs (dont la nature est décidée sur un jet de dé) finissent néanmoins par débouler dare-dare. Et cette fois-ci, c’est aux républicains de souffrir et de pleurer leur race.
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Dans le même temps, bien que mise à mal par le feu de la chaloupe canonnière, la colonne républicaine de droite réunit à escalader la falaise. Mais, faute d’effet de surprise, elle se fait fusiller à bout portant par une solide défense royaliste qui l’attend de pied ferme. Les bleus échouent à prendre le fort.
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Plus bas, c’est la boucherie. Re-combats acharnés et re-mêlée sanglante. En dépit de nombreuses pertes, les troupes républicaines qui ont donné l’assaut au centre parviennent à franchir les palissades entourant le camp retranché.
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Cela étant, les royalistes leur réservent un chien de leur chienne. Car un chariot bourré de tonneaux de poudre a été amené par leurs soins de Kerostin. En principe, il doit permettre aux canons du fort de se réapprovisionner. Mais Contades et Le Clec’h vont en faire un tout autre usage.
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Dès que le chariot s’approche de la furieuse mêlée que se livrent bleus et blancs, une mèche est discrètement allumée (un jet secret de dé lancé par le maitre de jeu décide de sa longueur).
Tout aussi discrètement, chouans et royalistes s’écartent de l’attelage, tandis que les républicains cherchent à s’en emparer.
Un tour de jeu, rien. Un autre tour de jeu, toujours rien. Ben alors, ça vient ou quoi ? Personne ne le sait, mais la mèche est longue.

L’explosion se produit au troisième tour. Elle fait un carnage chez les Carmagnoles. La messe est dite. Contrairement à ce qui s’est passé en 1795, le fort de Penthièvre reste entre les mains de blancs. Vive le roi !
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PS : Pour la petite histoire, dans la fureur des combats, Contades a été tué. Il n’épousera donc pas la frangine de son cousin républicain. Mais quoi ! La victoire vaut bien une donzelle !

Re-PS : Ce drame affreux s'est noué sous les yeux esbaudis et terrifiés des visiteurs de tous âges du salon du modélisme organisé à Séné.
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7[ARGAD] QUIBERON 1795 Empty Re: [ARGAD] QUIBERON 1795 Jeu 14 Juil 2022 - 10:23

Byblos



Superbe ! Tout ce boulot en valait la peine ! Chapeau !

8[ARGAD] QUIBERON 1795 Empty Re: [ARGAD] QUIBERON 1795 Ven 15 Juil 2022 - 7:08

Ehouarn

Ehouarn

Merci Jean-Jacques, j'ai passé une bonne journée. Les ressorts du scénario étaient bien pensés pour mettre un peu de suspens dans ce qui était déjà écrit par l'Histoire que nous avons ainsi pu réinterpréter.


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9[ARGAD] QUIBERON 1795 Empty Re: [ARGAD] QUIBERON 1795 Dim 17 Juil 2022 - 15:27

Patrice

Patrice
Admin

Excellente partie !

...Et rhââ là là, se faire voler ses échelles d'assaut au bord de la falaise, car ayant dû reculer devant des tirs ennemis juste après les avoir posées... Là je ne m'y attendais pas... Shocked Rolling Eyes Mad [ARGAD] QUIBERON 1795 286124619


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10[ARGAD] QUIBERON 1795 Empty Re: [ARGAD] QUIBERON 1795 Lun 18 Juil 2022 - 8:18

Ehouarn

Ehouarn

Patrice a écrit:...Et rhââ là là, se faire voler ses échelles d'assaut au bord de la falaise [...] Là je ne m'y attendais pas...
[ARGAD] QUIBERON 1795 997520 sant2 happy2


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11[ARGAD] QUIBERON 1795 Empty Re: [ARGAD] QUIBERON 1795 Lun 18 Juil 2022 - 14:16

Patrice

Patrice
Admin

Parmi mes photos, voici une bonne vue de la chaloupe anglaise en position menaçante pour tirer sur les Républicains qui escaladent la falaise.

[ARGAD] QUIBERON 1795 IMG_20220626_135845

Ehouarn a écrit:
Patrice a écrit:...Et rhââ là là, se faire voler ses échelles d'assaut au bord de la falaise [...] Là je ne m'y attendais pas...
[ARGAD] QUIBERON 1795 997520 sant2 happy2

Et voilà les escouades porte-échelles avançant vers leur funeste destin...  Rolling Eyes ...le coût de ce matériel miltaire perdu sera bien sûr déduit de leur solde... Surprised

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On admire les détails du décor de JJ, on s'y croirait.

[ARGAD] QUIBERON 1795 IMG_20220626_120641


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12[ARGAD] QUIBERON 1795 Empty Re: [ARGAD] QUIBERON 1795 Lun 18 Juil 2022 - 14:29

Byblos



Superbe !

(Je me répète , certes, mais c'est que je suis admiratif Very Happy )

13[ARGAD] QUIBERON 1795 Empty Re: [ARGAD] QUIBERON 1795 Lun 18 Juil 2022 - 16:42

Luc

Luc

Effectivement c'est magnifique!

14[ARGAD] QUIBERON 1795 Empty Re: [ARGAD] QUIBERON 1795 Mar 19 Juil 2022 - 11:44

kiyomori

kiyomori

Enfin les images. Et la mer quelle est belle ! MERCI

http://170infanterie.canalblog.com/

15[ARGAD] QUIBERON 1795 Empty Re: [ARGAD] QUIBERON 1795 Mer 20 Juil 2022 - 20:21

Patrice

Patrice
Admin

Le compte-rendu (AAR: "after action report") en anglais est en ligne

sur TWW
https://www.thewargameswebsite.com/forums/topic/argad-aar-a-quiberon-1795-frw-battle/

sur LAF
https://leadadventureforum.com/index.php?topic=137518.0

et aussi sur FU!UK un forum presque à l'abandon (sauf quelques rubriques non wargamiques) ultra-spammé par quelques ahuris et plus du tout administré, mais qui est plus pratique que les autres comme bac à sable pour voir et corriger facilement les erreurs, c'est pourquoi j'y poste toujours d'abord mes CR en anglais avant de les reposter sur les deux autres, ensuite les posts sont noyés sous des spams (je ne mets même plus ce lien).


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