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Uniformologie des Estradiots 1562-1587.

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Paskal


Toujours pour la cavalerie de la seconde moitié du XVIeme siécle, il y a aussi les estradiots d’origine balkanique appelez également « Corvats » (Croates) ou « Albanais. » Le terme « estradiot »venant du grec stratîotês, « soldat »ou de l'italien strada, c’est-à-dire « chemin » car une des fonctions de l’estradiot était celle d’éclaireur.

D’ailleurs, « estradiot » était parfois déformé en « stradiot ».

L’étymologie proposée par la langue Française actuel combine ces deux origines.

Philippe de Commines les décrit comme suit: « Les Estradiots sont comme les Janissaires : vêtus, à pied et à cheval, comme les Turcs, sauf la tête, où ils ne portent pas cette toile qu'on appelle turban ; ce sont de dures gens, ils couchent dehors toute l'année avec leurs chevaux. Ils étaient tous Grecs, venus des places que les Vénitiens y ont, les uns de Naples en Romanie, en Morée, les autres d’Albanie, vers Durazzo : et leurs chevaux sont bons, ce sont tous des chevaux turcs. Les Vénitiens s'en servent fort, et s'y fient.

L’estradiot portait habituellement un caftan matelassé, et le premier chapitre de l’évangile selon Saint Jean pour le protéger plus surement au combat.

Par la suite, cet équipement se compléta par l’ajout du gant de mailles ou d’acier, de la cuirasse et du cabasset. Son couvre-chef typique était le feutre à fond haut, dit « à l’albanoise. »

Son équipement défensif comprenait encore un bouclier léger, dit « targe bohême », de forme à peu près rectangulaire et qui se portait à l’épaule gauche, au moyen d’une courroie.

Il couvrait le côté gauche du corps à peu près de l’épaule au bassin, et laissait la main gauche libre pour tenir les rênes.

La targe bohème comportait une encoche, à peu près de la taille d’une balle de tennis, dans le coin supérieur gauche.

Son armement se composait principalement d’une lance légère, mesurant jusqu’à trois mètres de long.

Elle s’utilisait non pas calée sous le bras comme c’était l’habitude en Europe depuis le bas Moyen Âge, mais « à l'orientale », c’est-à-dire tenue à bout de bras comme une sagaie.

L'encoche de la targe bohème ne servait donc pas, comme on l’a prétendu, à braquer la lance, mais à observer l’ennemi tout en se protégeant le visage.

L’équipement de l’estradiot comportait encore, généralement, un cimeterre.

L'armement et l'equipement que je viens de vous décrire était évidemment celui du temps des premieres guerres d'italie.

En effet les estradiots furent d’abord employés par Venise contre les Français, dans les guerres d'Italie.

Ils étaient alors payés un ducat par tête de Français rapportée!

Par la suite, Louis XII enrôla deux mille estradiots.

Véritables « cosaques » du XVIe siècle, ces rudes chevaucheurs faisaient forte impression par leur ardeur au combat, leur rapidité, leur grande efficacité en tant que cavalerie légère ; en un mot, ils étaient au XVIe siècle ce que seront les hussards au XVIIe siècle.

Jean Marot disait d’eux dans le Voyage de Venise : « Vont de si roide sorte qu'il semble bien que tempête les porte. »

Cependant, les estradiots furent totalement exterminés à la bataille de Coutras (1587), pendant les guerres de religion.

Ils appartenaient alors à l’armée catholique d'Henri III de France,commandée par le duc de Joyeuse.

Celle-ci fut battue par les cuirassiers et chevau-légers de Henri III de Navarre, le futur Henri IV de France.

Agrippa d'Aubigné utilisa encore le mot pour décrire l'équipage d'Henri IV lui-même, dans la manœuvre qui allait déclencher la bataille de Fontaine-Française, le 5 juin 1595 : « le roi, n'ayant avec soi que quarante gentilshommes et autant de salades du baron de Lus, passe l'eau et, ayant aussitost envoyé à la guerre le marquis de Mirebeau, se met sur ses pas pour faire l'estradiot, cependant que ses troupes se logeoyent »

La tenue, l'equipement et l'armement des estradiots des guerres de religion étaient bien différent de celui des premiéres guerres d'italie, on en trouve un illustré page 41 du Tome 2 du"Costume,l'armure et les armes au temps de la chevalerie , il est resté lancier léger,et un autre page 28 du bouquin d e George Gush "Renaissance Armies 1480-1650 ", mais la aussi la tenue n'a plus rien à voir avec celles des guerres d'italie ...

Hélas il y a pire encore, ainsi d'aprés Phil Barker et Richard Bodley Scott, les albanais étaient aussi appelés argoulets bien qu'ils ne ressemblent plus aux anciens stradiots et qu'ils soient équipés d'arquebuses.

Les argoulets - qui adoptérent l'arquebuse au XVI eme siècle - et qui subsistérent jusque sous Charles IX et qu'on rencontrent encore lors des premiéres guerres de religion n'étaient donc pas des français , mais des estradiots baptisés désormais Argoulets ???


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"Et comme chacun sait, deux ou même un nombre innombrable de couis ne font pas naitre un seul chêne" (Paskal)

Paskal


Donc la France sous Louis XII recruta quelque 2 000 stradioti en 1497, deux ans après la bataille de Fornovo.

Parmi les Français, ils étaient connus sous le nom d'estradiots et d'argoulets.

Le terme "argoulet" proviendrait soit de la ville grecque d'Argos, d'où proviennent nombre d'argoulets (Pappas), soit de l'arc (arc) et de l'arquebuse.

Pour certains auteurs, argoulets et estradiots sont synonymes, mais pour d'autres, il existe certaines différences. G. Daniel, citant M. de Montgommeri, affirme que les argoulets et les estradiots ont le même arsenal, sauf que les premiers portent un casque.

Selon d'autres, les "estradiots" étaient des cavaliers albanais et les "argoulets" des Grecs, tandis que les Croates étaient appelés "Cravates".

Les argoulets étaient armés d'une épée, d'une massue et d'une courte arquebuse.

Ils ont continué d'exister sous Charles IX et ont été remarqués à la bataille de Dreux (1562). Ils ont été dissous vers 1600.

Le chroniqueur anglais Edward Hall a décrit les "Stradiotes" lors de la bataille de Guinegatte en 1513.

Ils étaient équipés d'étriers courts, de petites lances, de chapeaux de castor et d'épées turques.

Le terme "carabins" était également utilisé en France et en Espagne pour désigner des unités de cavalerie et d'infanterie similaires aux estradiots et aux argoulets (Daniel G.) (Bonaparte N.dans Bonaparte N. Études sur le passé et l'avenir de l'artillerie, Paris, 1846, vol. 1, p. 161 ).

Des unités de carabins semblent exister au moins jusqu'au début du 18ème siècle.

Des mercenaires de corps d'infanterie légère ont été périodiquement recrutés dans les Balkans ou en Italie, principalement du 15ème au 17ème siècle.

En 1587, le Duché de Lorraine recruta 500 cavaliers albanais, ce sont ceux qui combattirent à Coutras ?

De 1588 à 1591, cinq capitaines de cavalerie légère albanais furent également recrutés.


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Patrice

Patrice
Admin
Je suppose en effet que le nom a pu varier suivant les endroits et les moments...?

...comme les fameux "bidets" ou bidaux du Moyen Âge. Ou aussi les hussards des origines...


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« Il vaut mieux faire face à ce qui est derrière nous, que tourner le dos à ce qui est devant ! » (capitaine Huchehault)
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Eric de Gleievec

Eric de Gleievec
On pourrait en dire autant des zouaves, des spahis et des turcos.

Au départ des unités indigènes, et très vite, composées presque uniquement de Français métropolitains. Je ne serais pas étonné que le même phénomène ait pu se produire au 16ème siècle, et que très vite, les argoulets des origines aient été recrutés uniquement parmi les "Français de souche".

Pour les Stradiots je pense qu'ils ont continué à être recrutés dans les Balkans... même si il est tout à fait plausible qu'on y trouvait un mélange d'Albanais, de Grecs et de Slaves, voire de transfuges Turcs.

Un fait intéressant : le grand auteur de la guerre de trente ans, Johann Jakob Christoffel Grimmelshausen, a signé ses premières oeuvres du pseudonyme "Felix Stratiot". Ce qui pouvait apparaitre pour ses contemporains comme un nom étranger ; mais surtout, en "latino-grec de cuisine", pouvait se comprendre comme "Soldat de fortune" ; le mot "Stratiot" signifiant soldat, et Felix... non, pas le chat, mais l'équivalent de l'Allemand "Glück", qui veut aussi bien dire bonheur, que chance (et parfois même, mauvaise chance).


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Si vis pacem, paranoïaque !

Quelques figurines "pas pour jouer".

Paskal


Bon je pense qu'à Dreux en 1562, les argoulets huguenots sont des français de pure souche, mais qu'à Coutras en 1587, les Albanais sont de vrais estradiots...


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